P023
Villes, inégalités et conflits en Afrique contemporaine

Convenors:
Souhaïl Belhadj (Graduate Institute Geneva)
Delidji Eric Degila (The Graduate Institute, Geneva)
Format:
Panels
Location:
BS001
Start time:
30 June, 2017 at 16:00
Session slots:
1

Short abstract:

On se propose d'analyser de manière comparative les dynamiques produites par la croissance urbaine incontrôlée sur le continent africain avec une attention particulière accordée à la relation entre inégalités, sécurité et développement, dans des contextes où la fabrique de l'État est en cours.

Long abstract:

Conséquence du boom démographique et de la forte croissance économique, l'urbanisation exponentielle en Afrique constitue un enjeu de gouvernance locale en raison de son développement incontrôlé. En effet, l'État ne joue pas toujours un rôle de premier plan dans l'aménagement du territoire et l'offre de services publics, cette fonction étant formellement ou informellement assumée par des acteurs non-étatiques (groupes armés, compagnies privées, syndicat, ONG). Dans le contexte des zones minières par exemple, des jeunes de Goma et du Kivu en RDC ont recours à la « débrouille » pour survivre en offrant leurs services à des groupes armés locaux. À Gafsa en Tunisie, la situation sécuritaire peut se dégrader au point que des émeutes durent six mois (2008), révélant les failles d'une gouvernance locale laissée à l'abandon par l'État. Dans d'autres contextes d'expansion urbaine (Abidjan, Côte d'Ivoire), la faible régulation étatique conduit à la marginalisation d'individus sur des bases identitaires et donc à la reproduction des inégalités horizontales. À Kinshasa et Lubumbashi (RDC), les bidonvilles côtoient l'immobilier de luxe, illustrant la difficulté pour les Services de l'Urbanisme et les citoyens d'aménager une ville dont les limites sont sans cesse repoussées. Le présent panel se propose d'analyser de manière comparative les dynamiques produites par la croissance urbaine incontrôlée sur le continent africain avec une attention particulière accordée à la relation entre inégalités, sécurité et développement, dans des contextes où la fabrique de l'État est en cours et où les acteurs non-étatiques assument formellement ou informellement un rôle dans la gouvernance locale.