Accepted Paper:

The Dakar by Night: From Chronotopy to Heterotopia   

Author:

Thomas Fouquet (CNRS)

Paper short abstract:

A travers l’étude de jeunes femmes qui fréquentent quotidiennement le Dakar nocturne, on envisagera la nuit urbaine comme un terrain de contestation où critiques du présent et espoirs du futur s’enchevêtrent. Entre chronotopie et hétérotopie, la ville nocturne manifeste son potentiel indocile.

Paper long abstract:

S'appuyant sur une étude consacrée à des jeunes femmes qui fréquentent quotidiennement le Dakar by night, cette contribution envisage la nuit urbaine comme un terrain de contestation où critiques du présent et espoirs du futur s'articulent étroitement. La ville nocturne se prête remarquablement bien à l'approche en termes de chronotopie, alors que l'espace urbain se recompose en profondeur au rythme de l'alternance jour/nuit. Du point de vue de nombreux citadins, elle revêt simultanément un caractère hétérotopique, permettant que les conditions de vie présentes soient soumises à la critique d'un avenir autre - et ailleurs. Ce faisant, ces conceptions construisent la nuit urbaine comme un « temps du monde », tournée vers des mondes plus vastes et un futur riche de promesses, tandis que la ville diurne est fréquemment renvoyée à un localisme négativement conçu et teinté d'archaïsme. Les temps passé, présent et futur sont ainsi rabattus sur des espaces urbains, réels ou imaginés, proches ou lointains, actuels ou potentiels (à-venir). Ces configurations témoignent d'énonciations critiques quant au « retard » supposé ou allégué de l'Afrique dans le système mondial, en jouant sur des effets de contraste aussi bien spatiaux, culturels que temporels ; elles attestent simultanément l'enchevêtrement d'imaginaires du temps et de l'espace dans la production des identités citadines, et le potentiel d'indocilité qui s'en dégage.

Panel P029
Time as politics: past present and future in African urbanism