Accepted paper:

La politique de la suspicion comme forme disruptive du langage et de la pratique d'Etat en Afrique. Le cas du Cameroun.

Authors:

Patrick Dieudonné Belinga Ondoua (Ecole de Gouvernance et d'Economie (EGE) of Rabat)

Paper short abstract:

Notre papier, qui s'inspire de notre publication dans la revue Politique africaine, cherche à démontrer comment l'Etat au Cameroun se nourrit d'une économie du soupçon instillée contre les acteurs du "bas" comme réponse immédiate à la crise sociopolitique et économique qu'il traverse.

Paper long abstract:

La situation socio-politique et économique actuelle au Cameroun est marquée par un contexte général de crise. Outre la rareté et l'assèchement budgétaire, le pays fait face depuis 2014 à la menace du groupe Boko Haram, sans compter les récentes formes de revendications séparatistes baptisées « crise anglophone ». Ces deux grandes « crises » ont tendance à capter les dépenses jugées prioritaires. De fait, les ressources sont particulièrement limitées pour faire face à la crise économique que connaît le pays depuis 2016. Il est certain que cette situation doit être interrogée dans les transformations des modes de gouvernement qu'elle induit. Ne pouvant plus effectivement compter sur sa bourse pour mener des stratégies de légitimation par clientélisme et par emploi des dispositifs de violence à grande échelle comme il le faisait plusieurs décennies plus tôt, l'Etat met en œuvre des mécanismes de légitimation qui s'articulent avec une suspicion généralisée qui marque le quotidien. A partir d'un cas d'étude spécifique - la mise en œuvre du Programme Participatif d'Amélioration des Bidonvilles (PPAB) dans la ville de Yaoundé en 2016 -, nous voudrions montrer comment s'est déployée cette politique sous deux formes de surveillance toutes suscitées et alimentées par les instances de coordination : suspicion par le haut et suspicion par le bas. Ces deux formes de suspicion semblent dessiner de réels changements qui pourtant ne modifient pas l'ordre établi. L'hypothèse de la suspicion pourrait expliquer l'impression de changements dans le statu quo et l'absence de recours généralisé à la violence physique au Cameroun.

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panel Pol23
Emergenc(i)es: Disruptive events and their consequences in African politics